Gestalt-thérapie

Mettre en dehors de soi : projeter pour mieux voir et prendre conscience.

« l’important n’est pas ce qu’on a fait de moi
mais ce que je fais moi-même de ce qu’on a fait de moi »
Jean-Paul Sartre

La Gestalt thérapie a été élaborée dans les années 50 aux Etats Unis par Fritz Perls.
En allemand, le verbe « gestalten » signifie « mettre en forme, donner une structure signifiante ».

La Gestalt-thérapie s’attache au “comment” plus qu’au “pourquoi”, privilégiant la description des phénomènes à leur explication.

La Gestalt-thérapie se situe au carrefour entre la psychanalyse, le psychodrame, le rêve-éveillé et les thérapies psychocorporelles.
Un des thèmes majeurs de la Gestalt est de rendre plus explicite ce qui est implicite en projetant sur la scène extérieure ce qui se joue sur la scène intérieure.
Le “comment” se traduit notamment dans la posture et les gestes ou « micro-gestes » inconscients, dans la respiration, les intonations de la voix, etc…


La gestalt dans la thérapie individuelle

Il s’agit de permettre au patient de rendre “à nouveau présentes” les situations difficiles qu’il rencontre dans sa vie en mobilisant à la fois le corps, l’émotion et la parole.

Nous utilisons : chaises, coussins et tout objet qui se trouve disponible dans la pièce où se déroule la séance, afin de l’aider à révéler, grâce à son geste inconscient, la structure de ce qui est en jeu à l’intérieur de lui ou celle qui s’est installée, “malgré lui” , dans les relations entretenues avec ses proches ou le voisinage.

La “mise en scène” d’une difficulté répétitive rencontrée avec un patron, un conjoint, un enfants etc… demande d’installer, à l’aide de ce matériel, et le plus spontanément possible, deux places: celle du patient et celle de l’autre personne; cela dans le but de mettre en relief, dans un premier temps visuellement, certains conditionnements dans lesquels s’originent le malaise qui revient de façon récurrente.

Si le patient installe “l’autre” , quel que soit son âge, sur une chaise, alors que lui-même se met sur un coussin à ses pieds, ou dans le coin le plus reculé de la pièce ou encore le plus près possible de la porte, vous voyez bien que d’emblée nous avons des représentations différentes et parlantes de la relation au-delà du discours conscient.

Nous avons l’image de la structure relationnelle que le patient installe lui-même à chacune de ses rencontres et sans s’en douter le moins du monde.

Grâce à cette “mise en forme”, il est possible d’aller directement voir à quel schéma familial cette structure fait référence.
La place de qui (père, mère, grands-parents) est rejouée dans ces circonstances?
A la place de qui est mis l’autre?
Quel vécu d’enfant est réveillé dans cette situation, etc…?
Nous pourrons lui demander de prendre tour à tour la place de chacun des personnages afin d’incarner les deux instances en jeu et comprendre ce qui se joue à chaque place.

En Gestalt, on évite de parler “de quelqu’un”

Nous demandons au patient de visualiser devant lui la personne avec laquelle il se trouve en difficulté et de lui adresser directement la parole.
Ceci pour lui permettre de mettre “à distance” l’impact émotionnel reçu lors de mots, de regards, d’attitudes…. difficiles à supporter.
Adresser ce qui a été ressenti, perçu ; interpeller l’autre directement ; « vider son sac » en toute sécurité, dans ce lieu neutre, permet de mettre en mots ce qui n’étaient parfois que sensations confuses, tout en retrouvant les émotions qui s’y rattachent.
Le corps se libère alors des fermetures liées au refoulement.

Se mettre à la place de l’autre permet de ressentir dans son corps ce que renferme cette attitude, ce regard, ces mots qui ont blessé.
Ces prises de conscience permettent d’aider à transformer la perception interne que le patient s’était fait de la situation et des interrelations en jeu.
Il lui est possible de découvrir la réalité de l’autre; de ses difficultés personnelles et de “recadrer » alors les choses.

Il n’est pas question de chercher à modifier la situation extérieure ni les faits, ni les événements, car ceux-ci existent en tant que tel; mais de prendre conscience des projections multiples qui se sont glissées dans l’interrelation.
Il s’agit d’élaborer une synthèse permettant à chacun de trouver sa propre place au sein d’un ensemble, de la façon la plus adéquate possible, avec la réalité du contexte.

Si la Gestalt permet ainsi de pointer rapidement des conduites répétitives et périmées, elle ne vise pas simplement à révéler les origines des difficultés mais également à expérimenter des pistes nouvelles.

La Gestalt ne reste pas cantonnée à la prise de conscience et à la libération émotionnelle.
Elle encourage la « navette » intérieur/extérieur, cherchant à concilier l’adaptation sociale et la créativité individuelle;
la situation qui se présente à soi et la lecture personnelle de celle-ci.

Toujours à l’aide des chaises et des coussins, nous pouvons permettre au patient de se positionner de manière différente par rapport à ses interlocuteurs afin de trouver, par tâtonnements successifs, la place la plus juste à tenir en fonction du rôle que chacun occupe dans ce moment présent de sa vie.

Le thérapeute accompagne attentivement le patient dans sa démarche d’exploration en mettant toute sa compétence et ses connaissances à la disposition de celui-ci.
Il est donc volontiers intervenant et actif afin de permettre et de favoriser l’expérimentation.

Il est question de tenter d’échapper ainsi au déterminisme aliénant du passé et de l’environnement ainsi qu’à la prégnance de nos conditionnements générés par notre enfance, notre milieu social, les habitudes culturelles de la région ou de l’époque…
Ceci dans le but de retrouver une plage de liberté et de responsabilité personnelle.

On pourrait dire que l’un des principes de base de la Gestalt est « d’expérimenter » grâce à des techniques actives. Expérimenter les liens qui existent entre la pensée et le corps ainsi que l’étendue de notre liberté de choix dans un contexte donné, à partir de l’évolution de nos présupposés mentaux.

Si vous êtes intéressés