Témoignage – écriture autobiographique

Témoignages autour du travail d’écriture autobiographique
Tous les textes figurants sur cette page ont été publiés avec l’autorisation de leurs auteurs

 

Ce travail d’autobiographie, centré autour de 7 ateliers a regroupé huit personnes. Il a permis à chacun de nous d’approfondir toutes les périodes de sa propre vie jusqu’à aujourd’hui.

Grâce à ces séances collectives et au travail personnel accompli entre chacune d’elles, nous revivons en profondeur les étapes marquantes de l’ensemble de notre vie. Nous pouvons pénétrer au fond de nous afin de sentir ce que notre « conscient » connaissait souvent depuis déjà longtemps. Cet approfondissement est donc nécessaire pour aller au fond, tout au fond de ce qui anime notre vie.

Ce chemin de recherche est intéressant. Il permet d’orienter la voie de notre tracé, d’accepter également au mieux les éléments sur lesquels nous n’avons pas prise.

Deux citations me viennent en tête : « Je suis moi-même la matière de mon livre » disait Montaigne en introduisant « les Essais », ce chef-d’œuvre d’humanité pour décrire la nature de l’homme. Ce fut d’ailleurs son seul ouvrage et il l’a approfondi tout au long de sa vie.

De même cet adage  : « Le yoga n’est pas une fin en soi. C’est sa pratique qui importe. Le bien-être survient dans la voie que nous choisissons de fréquenter ».

Ce tracé, on peut s’y engager posément. Grâce à l’écriture, on tourne la page de ce passé qui nous appartient en toute connaissance de cause et se réjouir de ce chapitre vierge qui s’offre à nous désormais.

 

anonyme (2009)

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Autobiographie, thérapie,
le temps d’une pause

Souhaiter écrire sa vie, le faire, y consacrer du temps, de l’énergie ; s’obstiner dans la durée pour aller au bout malgré les sollicitations extérieures, les envies du moment, les difficultés du présent; tout cela n’est pas anodin.
Il s’agit bel et bien d’une démarche thérapeutique profonde, réfléchie qui n’a d’autre objectif que de vivre mieux les années à venir.

Le cap des 40 ans n’est pas un vain mot. J’ai ressenti nettement le besoin d’une pause et d’un retour sur moi. Je me sens à mi-chemin de mon existence et l’heure des bilans a sonné.
Je pense que mes années chez le psychiatre ont ouvert le chemin de ce travail. Une thérapie a t-elle réellement une fin ? Je ne le crois pas. La thérapie représente pour moi un moment indispensable de construction d’un individu. Elle nous engage pour une vie entière vers une réflexion, une profondeur, une quête de sens.
Elle nous ouvre la porte du questionnement ; être capable de s’interroger malgré les tourbillons de la vie quotidienne, me semble être le vecteur d’une vie d’adulte.
Certains y parviennent sans aide extérieure ; beaucoup attendent un évènement marquant pour engager un travail et d’autres oublient cette dimension de l’homme.

Ecrire sur soi peut sembler très égoïste, très égocentrique et cela est vrai mais s’occuper de soi, c’est aussi s’occuper des autres.
Ecrire mon histoire me donne les clefs pour comprendre le présent et envisager l’avenir.
La relecture des évènements passés dans un travail autobiographique est immensément riche d’apprentissages. On ne refait pas sa vie, on la regarde avec le recul nécessaire. Demain doit être imprégné d’hier dans une analyse lucide et surtout constructive.
Je prends du plaisir à cette démarche thérapeutique ; je souffre aussi parfois mais je suis persuadée que cet intermède me rendra plus forte et plus libre. Il s’agit de s’affranchir de certains fardeaux transgénérationnels. En ce sens, je me dirige vraiment vers une forme de liberté d’agir et de penser.

Se regarder dans un miroir n’est pas forcément narcissique car le miroir nous renvoie aussi les imperfections, les faiblesses, les défaillances et les erreurs. Les connaître, c’est déjà un peu les corriger.
On tire rarement des leçons de l’expérience des autres mais au moins, avec la thérapie on peut s’éviter à soi-même de réitérer ses erreurs.
Après 5 ans chez le psychiatre, des séances de relaxation, du décodage biologique, un travail d’écriture, j’ai le sentiment d’avoir posé les principes qui vont guider les années à venir. Je me sens armée, lucide et grandie comme si le plus dur était derrière moi.

La jeunesse et ses tourbillons cèdent le pas à une forme de maturité qui n’altère en rien mon irrésistible envie de vivre, d’avancer, de progresser et de réaliser les grands projets qui m’animent.
Des pages se tournent ; d’autres s’ouvrent. A moi de les écrire et de les savourer.
Quelqu’un a dit : « Vis ta vie comme une aventure ». Je vais poursuivre l’aventure après cette autobiographie qui reste pour moi une photographie à un instant « T » du regard que je porte sur mon parcours. Dans 6 mois, la photographie aura changé et, dans 30 ans il ne me restera plus qu’à écrire la suite pour que mes enfants et petits enfants disposent d’un témoignage afin de comprendre d’où ils viennent.

France Kalfon autobio réalisé par correspondance (2006)

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Préambule

A la lecture du texte qui va suivre (il faut bien se relire n’est ce pas ?), je suis saisi voire étonné par la nostalgie qui ne manque pas de naître au fil de l’écriture de mon passé.
En même temps, j’éprouve une certaine satisfaction d’avoir retrouvé ma propre personne. Ce travail d’introspection, de retour sur soi, me fait l’effet de ce que doit être un accouchement. Je parle de ce processus qui consiste à extraire son enfant de ses entrailles : douleurs, joies mais surtout émotions souvent mal contenues. Oui, je me suis redonné la vie au travers de ces récits. Je trouve ainsi, une forme de complicité avec ma mère, qui me donnant réellement la vie, a dû connaître ces douleurs, joies et émotions.

Est-ce l’effet de l’âge, proche de la soixantaine, qui provoque le besoin de me retourner sur moi-même et de retrouver ainsi, ce flot de souvenirs entassés ? Est-ce le besoin de laisser une trace qui me pousse à témoigner de cette vaste période de l’après guerre ? Ce travail d’écriture, pas si facile que cela, a été singulièrement apaisant. J’ai découvert que ma vie n’a pas été aussi banale et inintéressante que je l’imaginais. Sans doute est-ce la réalité de tout un chacun, mais cela fait du bien de le ressentir. Au fil des phrases écrites surgissaient des flots d’émotions toujours contenues jusqu’alors. Alors que la parole intime est si difficile à sortir, l’écriture m’a libéré de ce carcan émotionnel parfois douloureux.

Tout compte fait, je veux simplement dire qui je suis à mes enfants et peut-être aussi à moi-même avec beaucoup d’émotions autobiographiques. Ecrivant cette phrase bien banale les larmes me montent aux yeux, l’émotion m’étreint. Avant de commencer il me semble déjà évident que ce travail sur moi-même va être, à la fois, riche et douloureux, mais aussi libérateur.
Deux fois par an, pendant les vacances d’été et à la Toussaint, j’ai l’occasion de ¨ rôder¨ autour des bâtiments de la ferme de mes grands parents devenue résidence principale avec piscine. Je voudrais bien revivre ces moments forts de ma vie à Bussières. Reviennent les odeurs et les bruits du quotidien paysan ; quel délice ! Cela me manque vraiment !

Récemment, en août 2005, j’ai effectué un petit ¨pèlerinage¨ à Roanne, dans mon quartier natal. Ma maison a été entièrement restaurée, depuis peu paraît-il. Au 91 rue Mulsant, l’escalier sombre où j’ai probablement été contaminé par la tuberculose n’existe plus. Il a été muré, l’entrée se fait maintenant derrière par la rue Gonthier. Je me suis baladé, avec Françoise, sur le parcours de mon école et sur celui du collège lycée. Le rebord cimenté de la vitrine du magasin où l’on s’asseyait pour regarder passer les filles avec mon frère avant de rentrer au lycée est toujours là. J’ai retrouvé la boutique de la marchande de billes, ce n’est plus un magasin de jouets. Je suis rentré dans les immeubles voisins, à la recherche de mes copains de jeux. Les bâtiments de la prison mitoyens de l’Amicale Laïque, ont été rasés pour faire place à un parking.
L’émotion est incomparablement plus forte que lors des visites que j’avais pu faire quelques années auparavant. Il est certain que l’écriture de ce qui va suivre a donné une vigueur incroyable aux souvenirs. Tous les épisodes ont surgit nettement, d’autres, non écrits me reviennent à la mémoire. Je suis redevenu un petit garçon l’espace d’un après-midi.

Gérard Ressicaud

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L’ivre de vie

Et voilà : enfin, je vais larguer les amarres !
Il y a longtemps que j’attendais ce moment : partir, changer de vie, ou plutôt, disposer de ma vie pour en faire ce que je décide ! Déjà les contours de mon passé forment comme un rivage au loin, séparé du bateau qui m’emporte… Du bastingage, je reconnais des gens, des événements, des morceaux de ma vie. (…)
La mémoire de ma vie jusqu’ici, elle reste à quai. J’ai besoin de me repasser le film en entier, puis de laisser la trace écrite à mes descendants et mes proches.
Eux, qui ont été acteurs dans ce film, peut-être seront-ils intéressés par un point de vue différent du leur ?

4 ème de couverture (extrait)

Il y avait les soirs où la neige tombait. On était à l’étude, atmosphère relax quoique studieuse. Surtout si c’était la première neige, ça me rendait à la fois exaltée et mélancolique. Je travaillais peu ces soirs-là. Juste ce qu’il fallait. Dehors était magique, dehors était noir et floconneux, dehors était libre et effrayant. Dehors était l’avenir et c’était angoissant.
Mais dans la série bonheurs, que de fous rires partagés avec Arlette particulièrement ! Au printemps, dans l’allée des iris en fleurs embaumant partout alentours, nous aimions deviser sérieusement, et tout soudain, sur un mot ou une mimique, c’était parti dans le rire, le rire, le rire, à en avoir mal au dos, à s’en écrouler… C’était géant !

p.66

Parents, je vous en prie, n’éloignez pas mes petits enfants de moins de douze ans ; pas même mon petit bout de Mariama, ce tout nouveau bébé, si lumineux, si joyeux, ma petite sirène dorée !
Elle ne sera pas choquée, soyez-en sûrs ! Ne vient-elle pas de partager l’intimité la plus profonde de ses jeunes père et mère pendant neuf mois ?
Un homme et une femme, un homme noir et une femme blanche, un homme jeune et une femme mûre, parents laissez les enfants se nourrir de ces images d’amour vrai, d’amour simple et de désir. (…)
Parents laissez-les là tranquilles, sous le baobab. Ils ne bougeront miette, regardez-les, déjà fascinés : Drissa vient d’arriver nonchalamment, tout de bleu nuit vêtu, dans un boubou traditionnel.

p. 147

Un ouvrage écrit par Anne-Marie Conte
dans nos ateliers d’autobiograhie en 2002,

et publié aux éditions l’Harmatan
Pour le commander : 02 38 69 23 31
ou annem.conte@yahoo.fr

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La route du sens

Est-ce possible que ces deux boules que je n’aie pas eues à la naissance me soient remontées à la gorge ?
Entendre… Ce mot prend tout à coup un autre sens…
Entendre un bruit au loin, entendre une musique que je connais, entendre la voisine crier sur son enfant, en entendre parler, bien s’entendre ou ne pas s’entendre… tout cela est banal. Mais entendre ce qui se passe en moi, entendre que mon corps a des choses à me dire que je n’ose pas dire avec des mots… Il s’agit là d’une aventure !
En 1990, j’ai mis le pied, sans le savoir, dans l’embrasure d’une porte, une porte qui s’ouvre sur un tout autre paysage : celui du sens. Et même si parfois les pollutions vécues m’en éloignent, obstinément, j’y reviens.
« Oui Anne, tu as un goitre. » m’annonce mon médecin. Egalement psychologue, il me fait la proposition suivante :
« Soit tu t’intéresses aux conséquences et je t’indique les coordonnées d’un endocrinologue, soit tu t’intéresses aux causes.
Tu choisis. »
Quinze jours se passent puis un matin, morte de trouille, je déboule dans son cabinet et lui dis :
– « OK, je m’intéresse aux causes. »
Six mois m’ont été nécessaires pour entendre, au plus profond de mes tripes, combien ce prénom de Jean-Christophe qui ne m’était pas destiné, me fut violent à la naissance. Après avoir entendu ma mère raconter cette histoire mille et une fois au cours de repas familiaux, après en avoir ri tout autant que les autres, voilà qu’aujourd’hui, le ventre me fait mal tellement j’ai du chagrin… un chagrin qui remonte de très très loin…
Et je vois ma vie défiler du haut de mes trente ans… avec tout ce que j’ai pu faire pour être celui que je ne suis pas… pour correspondre à celui qu’ils attendaient, pour ne pas décevoir, pour ne pas faire de peine, pour ne pas sentir leur déception… Ne voir sur leurs visages que le bonheur de m’avoir ! Comme si j’avais besoin de tout cela pour être aimée ! Je prends enfin conscience du conflit intrapersonnel dans lequel je me débats : je désire être mère mais je cherche à me construire tel un homme… l’homme que je n’ai pas été.
Six mois plus tard, mes boules ont disparu. Un an plus tard, je mets au monde un petit être qui en a deux placées au bon endroit.

Bientôt Je

Bientôt, je ne croiserai plus le regard de la pointeuse humaine de cette Chambre de Métiers.
Bientôt, je ne devrai plus commencer ma semaine par un descriptif détaillé de la façon dont je l’occuperai.
Bientôt, je ne poserai plus ma main droite sur cette rampe sans fin.
Bientôt, je ne rencontrerai plus les collègues, ceux avec qui je partage le p’tit noir du matin, ceux avec qui je ris et ceux contre qui je me bats.
Bientôt, je ne recevrai plus de bulletins de salaire ni de treizième mois me permettant de recouvrir mon découvert.
Bientôt peut-être, je n’entendrai plus : « Le Tennier! » du bureau d’à côté, me demandant à chaque fois ce qu’il allait se passer.
Finie cette tranche de vie.
Changement de repères !
Demain, je serai seule maître à bord de ma vie professionnelle.
Même sans la hantise du regard de mon responsable si j’ai une minute de retard, j’ai toujours réussi à me lever le matin.
Même sans l’obligation de programmer mon emploi du temps, j’ai réussi à le remplir.
La rampe que je tiens ne se voit pas. Elle est plus incertaine, mais je reste malgré tout debout. Même sans collègues, je ne suis pas seule. Je découvre le plaisir de travailler avec des personnes que j’aime et de laisser sur ma route celles avec lesquelles je ne me sens pas bien.
Je n’ai plus reçu de bulletin de paye mais je me suis moi-même attribuée un salaire. Pas besoin de grade, de numéro, de classe A, B ou C, de cadre et de pas cadre. Je me suis accordé des augmentations au fil du temps.
Plus de congés payés dont je n’ai jamais rien compris au calcul des jours et qu’il faut poser six mois à l’avance. Je m’offre des vacances grâce au travail que j’ai facturé.
Je n’entends plus les « Le Tennier ! » hargneux de mon responsable. Les gens qui me font travailler m’appellent Anne et lorsqu’au début, je les entends dire que je fais un excellent travail, j’ai envie de les secouer et de leur dire : »Mais non, regardez de plus près, vous devez vous tromper! »
Quelle victoire ces dix années d’activité libérale !
Réussir à tracer ma route sans personne pour me dire ce que j’ai à faire, et y arriver quand même !

Anne Le Tennier (2003)

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Carrefour de l’écriture

C’est en regardant mon nombril que je suis rentrée dans l’écriture et que j’ai plongé dans mon passé au travers d’un stage d’écriture d’autobiographie dirigé par Dominique Waguet et Claude Vieux, stage qui débute en mars 2000 et s’achèvera en mai 2001.

Je n’ai pas bien réfléchi et me suis inscrite sous l’impulsion et dans l’euphorie de la fin de stage de psychogénéalogie.
Dans ce dernier, au travers de gestalt, de méditation et d’écrits, nous avons travaillé l’Arbre, l’arbre généalogique. J’ai bouclé (pour un temps) une thérapie commencée en 1994.

Maintenant me voilà engagée sur une autre galère ou plutôt un nouveau vaisseau.
Parfois inquiétant, révélateur de fantômes enfouis dans les bas-fonds de ma mémoire, quelque fois simple felouque fragile poussée par le vent instable de mes idées où les mots s’évertuent à dépecer le vécu, mais rarement navire de croisière où, sur le pont ensoleillé de mes plus beaux souvenirs, chaise longue et cocktail des îles m’invite au repos pour savourer le meilleur de ma vie.

Après avoir exploré naissance et adolescence dans un rythme régulier, un samedi soir et dimanche par mois d’écriture, (…) nous faisons une escale pendant deux mois (juillet et août, vacances scolaires)
Arrêt salutaire.
Terre d’asile, exil hors du groupe, loin du bagne de l’écriture dans lequel j’avais pourtant volontairement choisi de m’aventurer.
Dans ce temps, accordé, arrêté, j’hésite à poursuivre le cours du voyage sur l’océan des mots au-dessus des abysses du souvenir.

Je cherche à retrouver ma motivation première.
Ecrire pourquoi? Pour qui? A quoi bon?
J’apprécie les heures d’écriture ponctuées de méditation. Mais la satisfaction personnelle m’apparaît bien mince aux vues des difficultés, tempêtes intérieures, et surtout du temps consacré à ramer, en l’absence du vent de l’inspiration.

L’écriture de mon autobiographie n’a pas de justification filiale, familiale… alors quoi ?
Ce vaisseau sur lequel je me suis embarquée dérive pour moi, au fil des jours, sans gouvernail, le cap à maintenir n’est plus clairement défini.
L’a-t-il vraiment été un jour ?
Partie de mon nombril, centre énergétique paraît-il, rupture d’ancrage pour la vie, j’ai plongé avec une curiosité avide dans les fonds marins de mes souvenirs pour retrouver ma naissance, remonter à mon enfance. J’ai été au début fascinée par cette exploration du passé.

Le palier obligatoire de l’adolescence m’a perturbée. Je l’ai dépassé.
Remontée à l’age adulte, j’arrive alors épuisée à la surface du présent où je m’échoue sur ce rivage trop connu.
Deux mois d’escale pour décider de continuer ou non le voyage, cependant je me suis engagée et ai-je le choix d’abdiquer après avoir signer ?

Je reprends donc, par respect de mes engagements, ce qui n’est pas achevé en septembre de cette même année.
Pourquoi ? Pour qui ? A quoi bon ? Ces mots flottent toujours quelque part, sans réponse.
Quelle importance ? Je les ai dépassés.

Aujourd’hui, je me surprends à naviguer avec délice sur l’océan des mots, à chercher, à travers la difficulté de l’inspiration, à manœuvrer le verbe avec justesse.
Je tiens le gouvernail, ne le lâche pas, m’accroche, fatigue, m’épuise, souffle un instant, brise apaisante, et repart, plus décidée que jamais à poursuivre l’aventure, à écrire encore et encore…

Véronique Brunet 2001