Thérapie, rêve et interprétations

Le rêve questionne…

« Toujours je note mes rêves, et même si je n’en saisis pas le message,
cet acte de mémorisation, de récit, me donne plus de densité,
crée un état intérieur que, peut-être,
d’autres trouvent dans la méditation, la prière, la recherche. »

Marguerite Yourcenar


Le rêve nous émeut par certaines images.
Le rêve étonne par sa fertilité.
Le rêve nous révèle une capacité à imaginer que nous ne nous soupçonnions pas.
Le rêve ramène les morts.
Le rêve apporte des histoires ou des lambeaux d’histoires, anciennes ou actuelles : des maisons oubliées, des lieux d’enfance, des visages croisés à un moment, l’Antiquité, les guerres, les exodes, des pays étrangers ou étranges…
Le rêve remet en mémoire des peurs répétitives, archaïques (poursuite, chute).
Le rêve ramène des images proches de la naissance.
Le rêve laisse parfois une phrase distincte, une « voix off » plus forte que l’image, une phrase énigmatique.
Le rêve a une fonction réparatrice cela veut dire qu’il est l’approche diffuse de quelque chose qui doit être remis en mémoire, d’une faute ou d’une blessure qui demande réparation.Le rêve peut être considéré comme un intermédiaire, il établit une rencontre entre le rêveur et l’inconnu.

La psyché, pour nous, est l’ensemble des phénomènes et des éléments qui fondent le conscient et l’inconscient, elle est notre univers personnel, le lieu, et le seul, où nous faisons l’expérience du monde extérieur et intérieur.
Cette psyché, cet univers personnel, est relié à un univers global porteur de l’expérience de l’humanité et, plus loin, de la mémoire du vivant, du cosmos.
Cet univers psychique global, Jung l’appellera inconscient collectif.
Dans nos rêves, nous trouverons des résonances avec notre univers psychique personnel et avec l’univers psychique collectif.

Freud et Jung, en détruisant l’idée de forces occultes extérieures à l’homme, nous ont mis face à nos responsabilités : nous sommes seuls, porteurs d’un monde intérieur (psychique) qui demande à naître, et personne, hormis nous-même ne peut donner de réponses aux questions qui montent de nos profondeurs.
Dans ce travail, nous vous guiderons pour essayer d’aller au plus loin en vous et susciter vos interprétations.

Cette substance perçue en rêve, on pourrait dire qu’elle est impalpable, illogique, libre à l’égard du temps et de l’espace, irrationnelle.
Nous allons lui donner le poids aléatoire des mots : tout un programme !

Prenons le verbe « rêver », il est d’origine incertaine, il a plusieurs étymologies, ça commence bien…
• resver, esver : vagabonder
• desver : perdre le sens
• esvagare, divagare : divaguer, délirer, qui au départ signifiait s’amuser comme pendant le carnaval…
Pas étonnant que nos rêves divaguent, délirent, vagabondent, ou soient peuplés de personnages masqués.

Le rêve peut être approché de plusieurs façons, mais quel que soit l’outil utilisé, quelle que soit la théorie sur laquelle on s’appuie, l’essentiel réside dans l’acte d’interpréter.
Cette interprétation ne peut être restrictive ou figée, elle est l’interprétation d’un moment, la perception de l’instant, mais ce n’est pas la réponse unique et définitive car toute réponse ne peut être qu’évolutive. Un même rêve repris quelques mois ou années plus tard s’éclairera d’une vision nouvelle grâce au temps passé depuis et l’expérience acquise.
Dans l’interprétation d’un rêve il y a un va-et-vient de l’image aux mots et des mots à l’image.
On interprète presque toujours non l’image mais les mots, c’est-à-dire le récit auquel le rêve a donné naissance, parce que des images vont toujours appeler des mots en nous.

Pour interpréter nous pouvons passer de l’image à l’écriture d’un texte. Dans ce trajet du rêve à l’écriture, de l’insaisissable, de l’impalpable prend forme.
C’est un des outils que nous allons utiliser : donner des formes à nos rêves, les modeler pour en extraire du sens. Les mots auront été choisis en fonction de l’image mais aussi d’une foule d’autres motivations inconscientes. Nous serons attentifs aux subtilités de la langue, ce qui est dit à travers les mots.

Nous utiliserons également la Gestalt-thérapie, là il sera demandé de se « mettre en place » d’un élément du rêve et de cette place là, le rêveur parlera, fera parler l’élément en question. Le rêve va s’annimer d’une parole spontanée issue des profondeurs.

Le Tarot sera aussi mis à contribution. Livre d’images qui pousse la parole à naître, le Tarot viendra apporter sa symbolique, il nous servira à interroger le rêve.

Le rêve va nous faire parler, penser, projeter (mettre dehors), le rêve n’est pas seulement fondamental parce qu’il a un sens, une origine ou une cause, mais surtout parce que ses visions, ses images énigmatiques nous font parler et révèlent la partie de l’être qui en nous parle, parle par énigmes, parle par symptômes ou symboles, mais parle de lui, parle pour lui…

Le rêve peut subjuguer, comme l’hypnose. Il peut procurer un sentiment de certitude immédiate (rêve prophétique) alors que le propre de ce qui est échangé par la parole c’est la pluralité des sens.
Cette multiplicité de sens est le meilleur rempart contre les totalitarismes, les fanatismes et les exclusion.
Nous vous proposons de « jouer » avec vos rêves en vous rappelant qu’interpréter c’est toujours inventer, créer ; la lecture d’un livre est toujours un nouveau livre, le récit d’un rêve est toujours un nouveau rêve…

 

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